Budget 2027 : reconstituer la dépense d'IA poste par poste
Suites bureautiques, options, notes de frais, usage facturé au mois : la dépense d'IA se disperse. Comment la retrouver avant de boucler le budget 2027.
Le budget 2027 se boucle en ce moment dans la plupart des directions financières. Une ligne y reste souvent floue : ce que l'entreprise dépense réellement pour l'intelligence artificielle. Un article publié le 21 octobre par DAF Magazine le résume d'une phrase : aucune facture ne porte la mention « IA ».
Son auteur, Yassine Bouaïcha, fondateur d'Ojja, ne décrit pas une dépense marginale. Il cite une prévision de Gartner d'une hausse de 49,5 % des dépenses mondiales d'IA en 2026. Le problème qu'il pointe tient moins au montant qu'à sa dispersion dans les comptes.
Cinq endroits où l'IA se paie
L'article recense cinq postes. Le premier est la suite bureautique elle-même, dont le prix intègre désormais des fonctions d'IA. Google a intégré Gemini aux offres Business et Enterprise de Workspace en janvier 2025, avec une hausse de prix au même moment.
Microsoft a suivi la même voie. Dans son annonce de décembre 2025, l'éditeur présente une mise à jour des prix de ses suites professionnelles au 1er juillet 2026, accompagnée de nouvelles fonctions d'IA et de sécurité. Aux États-Unis, selon DAF Magazine, Business Standard passe de 12,50 à 14 dollars par utilisateur et par mois.
Le deuxième poste regroupe les options payantes. L'article cite Microsoft 365 Copilot Business, affiché à 18,20 € HT par utilisateur et par mois en paiement annuel, au prix public France, jusqu'à 300 utilisateurs.
Viennent ensuite les outils d'IA souscrits directement par les équipes, puis les abonnements individuels passés en notes de frais. Le cinquième poste est l'usage facturé au mois, pour les agents et les API, qui suit le volume consommé plutôt qu'une enveloppe votée.
Chacun de ces postes a son payeur, son compte comptable et son rythme de facturation. Le contrôle de gestion qui prépare le budget n'en voit donc qu'une partie, sauf à aller les chercher un par un.
Le coût des sièges qui ne servent pas
Le point le plus concret de l'article concerne les licences inutilisées. La documentation de Microsoft Learn le confirme : sur un compte de facturation de type contrat client Microsoft, des licences ne peuvent être retirées d'un abonnement que dans les sept jours suivant l'achat ou le renouvellement.
Passé ce délai, la réduction attend l'échéance suivante. Une licence achetée en trop au mauvais moment se paie donc toute l'année. L'auteur en donne un ordre de grandeur : trente sièges Copilot Business inutilisés représentent 6 552 € HT par an au prix public.
La hausse de prix, elle, s'applique à chaque contrat au moment de son renouvellement. Une entreprise qui a plusieurs abonnements à des dates différentes la verra donc arriver par morceaux, et pas forcément dans l'exercice où elle l'attend.
Ce que cela change pour votre budget 2027
L'article propose quatre questions à poser avant chaque renouvellement. Quelles fonctions d'IA sont payées, et sur quels comptes ? Combien de sièges servent réellement ? Quand tombe chaque échéance, et qui décide avant cette date ? Qu'est-ce qui est facturé à l'usage, et avec quel plafond ?
Dans une PME ou une ETI, la première question suppose souvent de croiser trois sources : le grand livre fournisseurs, les notes de frais et la console d'administration des licences. Aucune ne donne le total seule.
La troisième question est sans doute la plus utile au moment du budget. Un calendrier des renouvellements, avec un responsable désigné pour chacun, permet de décider du nombre de sièges dans la fenêtre de sept jours plutôt qu'après.
Une partie de la dépense échappe aux bons de commande
L'auteur rappelle enfin une limite. Selon un chiffre de Microsoft qu'il cite, 78 % des utilisateurs d'IA au travail apportent leurs propres outils. Une part de la dépense naît donc hors de tout circuit d'achat, et les déclarations des équipes ne suffisent pas à la mesurer.
Sa conclusion tient en une idée simple : la question de savoir si l'IA vaut ce qu'elle coûte ne peut pas être tranchée tant que ce coût n'est pas connu. Reconstituer le total poste par poste, puis le dater au regard des échéances, en est la condition préalable.
Pour un DAF, l'exercice ressemble à celui qu'il mène déjà sur les dépenses de télécommunications ou de déplacements. La différence tient au rythme : les prix et les usages de l'IA bougent d'un renouvellement à l'autre, ce qui plaide pour une revue au moins annuelle, calée sur le calendrier budgétaire.